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  • : Sandrine et François au Tchad
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  • : Volontaires de Solidarité Internationale (avec la DCC), enseignants-éducateurs dans une école agricole, nous avons vécu et travaillé au Tchad de septembre 2006 à juillet 2008, Bonne arrivée sur notre blog et bonne lecture !
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Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /Août /2008 15:49

Les enfants de Maïmba

Nous avions dit que nous quittions Goundi heureux… C’était sans compter sur la réaction des enfants de Maïmba ! Ils nous ont fait réaliser que nous partions définitivement. Ils ont beaucoup insisté pour que l’on revienne l’année prochaine, et c’était difficile de leur répondre. On a tenu à dire au revoir à tous, avec un petit mot pour chacun. Beaucoup nous ont tenu la main pendant très longtemps, nous ont remercié, ils faisaient passer dans leur regard beaucoup de choses. C'était très beau, mais très dur ! On n’oubliera jamais. Djim nous a offert un couteau de jet, attribut du cultivateur tchadien. On emportera avec nous les cadeaux de Prosper : une houe pour moi, et une calebasse pour Sandrine. Ces gestes nous vont droit au cœur. Nous n’oublierons pas non plus les bénédictions, en arabe tchadien, de sa femme qui a demandé à Dieu qu’il nous accompagne pendant tout le voyage, les adieux dans la famille de Raphaël, les cadeaux de Jérémie, Samuel qui était là jusqu’au dernier moment chez nous, le fils de Abel qui nous a porté les bagages jusqu’à la voiture, Aurélie qu’on reverra très bientôt, Fabio qu’on n’a croisé que trop vite, Prosper et les Jésuites qui étaient là au petit matin quand nous sommes partis. Plus d’un mois après c’est avec beaucoup d’émotion que nous repensons à notre départ de Goundi.


N’Djamena (1)

Le voyage jusqu’à N’Djamena s’est passé sans problème. Comme l’année dernière, nous avons croisé peu avant d’arriver dans la capitale d’immenses troupeaux de dromadaires. A N’Djamena nous avons fait la connaissance de Frédéric, un volontaire DCC arrivé ici depuis deux mois, d’autres DCC qui partaient en vacances ou qui rentraient, de Mongo, de Bitkine ou d’Abéché. Nous avons aussi rencontré Frédéric Mounier, le président de la DCC de passage au Tchad. Nous avons pu échanger avec lui très simplement autour d’une bière.


Le Cameroun

Puis nous sommes partis au Cameroun avec Pascale, Stéphanie notre collègue de Sarh, et Arsène son ami Tchadien. Ah, le Cameroun ! Des routes goudronnées, des fruits, des bus, la mer et la paix !


Waza. Une fois passés la frontière à Kousséri, direction Waza, à 4h de route vers le Sud. Ce village au cœur de la savane porte le nom de la plus grande réserve du pays. Comme c’est la saison des pluies, le parc était fermé mais comme tout est possible en Afrique, nous avons pu le visiter quand même. Des girafes à la pelle, des oiseaux de toutes sortes, des antilopes, des singes, mais pas d’éléphants, seulement leurs crottes. Deux jours plus tôt on les aurait vus (les éléphants, pas les crottes !). Et pas de lions, malgré leurs traces.


Maroua. On continue vers le Sud et la ville de Maroua, capitale de la province de l’Extrême Nord. Tout au long de la route, on a pu admirer les paysages qui sont à la hauteur de leur réputation : magnifiques. Ici nous sommes restés quelques jours. La ville est vraiment très agréables : les gens sont très accueillants, il y a beaucoup de taxis motos, les « clandos », qui vous emmenent à n'importe quel coin de la ville pour un prix dérisoire, l'artisanat y est très développé, et pour les sorties on n'a que l'embarras du choix. Arnaud, un volontaire DCC de Maroua, nous a proposé un programme sympa : deux jours à Tokombéré et deux jours à Manguerdla. A Tokombéré nous avons été accueillis par Pierre et Emilie qui sont là avec leur petite fille depuis un an. Ils nous ont permis de rencontrer le célèbre Père Aurenche, qui, à la suite de Baba Simon, fait un travail de développement remarquable dans la région depuis plus de trente ans. A Manguerdla, nous avons logé chez Jean, un Camerounais qui a un projet de tourisme équitable. Son village est au cœur des montagnes, et il y a beaucoup de possibilités de randos. Nous ne sommes restés que deux jours, mais son village mofou aurait mérité qu’on s’y attarde bien plus longtemps. Ensuite, direction Yaoundé. 7h de bus et 14h de train : de nuit, on traverse le Cameroun du Nord-Est jusqu’au Sud-Ouest, 1 400 km d’une traite.


Yaoundé. La capitale du pays. La ville aux sept collines, comme Rome. On y trouve tout. Nous logeons dans le quartier Nsiméon, chez Benjamin, un autre volontaire DCC avec qui nous avions fait le stage de formation il y a deux ans. Benjamin n’étant pas là, nous sommes pris en charge par ses deux collocs camerounais : Pierre et Féroméo. Nous ne nous connaissions pas mais ils nous ont accueillis comme si nous étions de leur famille : une belle leçon d’hospitalité. Nous avons beaucoup échangé, on a refait le monde. Féroméo est un grand sculpteur. Il nous a offert, à Sandrine, moi et Pascale, une sculpture, c’est le rituel de maison.


Douala. A 3h en bus de Yaoundé, la capitale économique du Cameroun. Impressionnante, immense, presque effrayante, mais on s’y attendait. Nous nous rendons en taxi chez Gauthier et Sophie, encore des DCC. Un grand moment de cette aventure. Il y a deux ans, on s’était dit qu’on se retrouverait à Douala, et ça y est, nous y sommes : comme le temps a passé vite ! Le premier soir, nous sortons en ville : nous avons l’impression d’être à New York ! nous restons deux jours, le temps de découvrir un peu la ville. Ce qui nous a le plus frappé, c’est la taille du marché : toute l’Afrique Centrale doit venir faire ses courses ici.


Kribi. Les plages de Kribi… Depuis le temps qu’on en rêve. Ce n’est pas un mythe : c’est vraiment magnifique : du sable fin à perte de vue, les palmiers, les vagues, le fleuve qui se jette en cascade dans l'Atlantique. Et personne à part nous ! Le bonheur. ça fait son petit effet de voir l'océan après 2000 km de route. Arsène, notre ami tchadien, voyait la mer pour la première fois. Baignade, bouffe au bord de l’eau... Trois jours après il était temps de rentrer…

Nous avons fait le chemin dans le sens inverse, et le mercredi 30 août, nous étions à N’Djamena.


N’Djamena (2)

Nous avons vu Roberto, et notre partenaire. Le Tchad nous réservait encore quelques sensations fortes. Un soir que nous raccompagnons Justine chez elle, de l’autre côté du Chari, nous nous sommes retrouvés coincés au milieu du pont, derrière un immense troupeau de bœufs. Les nomades courraient dans tous les sens pour remettre le troupeau en ordre. C’était vraiment très impressionnant. Le plus fort était encore à venir. Notre avion était le dimanche soir à 23h, mais une tempête énorme s'est déchaînée sur la capitale. L’avion qui venait de Paris n’ a pas réussi à atterrir, malgré deux tentatives, et vers 21h il s'est dirigé vers Douala. Comme rien n’est jamais clair, nous ne savons pas si nous devons rentrer à la maison pour revenir demain matin, ou attendre ici, sachant qu’il y en a pour des heures d’attente. Nous optons pour la première option après avoir laissé notre numéro à une responsable d'Air France, au cas où... Nous retraversons N’Djamena de nuit, contournons les arbres abattus par la tempête, passons devant le palais présidentiel, et allons nous coucher. Mais à 4h du matin, notre partenaire nous réveille : l’avion est à N’Djamena depuis 2h du matin. Nous retraversons la capitale à fond, manquons de dégommer une troupe de militaires qui faisaient leur footing (là c’est sûr qu’on se faisait tirer dessus !), et arrivons à l’aéroport… désert ! Merde ! Nous venons de rater notre avion ! Mais après toutes les difficultés que nous avons eu à voyager pendant deux ans, le départ pouvait-il être autrement ? Nous avons donc gagné un jour de plus au Tchad, et avons réussi à avoir un avion le lendemain.


Paris

Nous retrouvons mon père et mon petit frère rassurés...


Et maintenant ?

Nous ne réalisons pas vraiment… Depuis une semaine que nous sommes en France, nous n’avons pas chômé. Nous avons déjà emménagé dans un appartement au cœur de Fontenay-le-Comte. Il nous paraît très grand et très vide. Nous n’avons pas (encore) de téléphone, les parents de Sandrine nous prêtent une voiture. Demain je prends contact avec mes nouveaux collègues, et Sandrine cherchera du travail en septembre.

Tout va déjà très vite !




Par Sandrine et François
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